Des gendarmes sont venus chercher un enfant de six ans dans son école à Langeac, en Haute-Loire, pour le conduire dans un centre de rétention avec son père en situation irrégulière. Trois
gendarmes, accompagnés du père de l'enfant, se sont rendus, vendredi 7 janvier en milieu d'après-midi, dans l'école de Vazgen Asryan, six ans, pour qu'il soit conduit avec son père dans le centre de rétention de Nîmes,
a expliqué à l'AFP une porte-parole du Réseau éducation sans frontières (RESF).
"Habillés en civil, ils ont récupéré l'enfant dans un couloir de l'école, la direction avait été avertie", a-t-elle précisé, faisant part de "l'émotion des parents d'élèves"
de ce bourg d'environ 4 000 habitants, où l'enfant était scolarisé depuis 2007.
David Asryan, son père, avait été arrêté jeudi soir pour une infraction concernant un vol de gasoil : "Les gendarmes ont constaté qu'il n'avait pas de papiers et ont prévenu le
préfet", a expliqué la porte-parole de RESF, précisant que la compagne de cet homme, âgée de 20 ans, avait également été arrêtée. "Ils sont apeurés et se demandent ce qui leur
arrive", a dit la porte-parole de RESF.
Le juge des libertés et de la détention de Nîmes a confirmé leur placement en rétention pour 15 jours, selon des sources concordantes citées par l'AFP.
"La situation de M. Asryan est incontestable", a expliqué de son côté la préfecture de la Haute-Loire. M. Asryan "a été arrêté pour un délit et les gendarmes ont découvert à cette
occasion qu'il avait une obligation de quitter le territoire. Il a exprimé le souhait d'avoir son enfant, tout s'est passé de la manière la plus optimale possible pour une situation
inhabituelle", a-t-on ajouté.
Le père du garçonnet, d'origine arménienne, exilé en Russie où il a grandi, avait gagné la France en 2007. Selon le site de RESF, David
Asryan serait "lié à un parti d'opposition" en Russie et "a subi des persécutions et a dû fuir". Il se serait vu refuser une première demande d'asile mais aurait
formulé une nouvelle demande, qui n'est toutefois pas suspensive.
La famille était hébergée par des membres de l'équipe de football du village dans laquelle M. Asryan était très impliqué, ayant été joueur professionnel en Russie, selon la porte-parole de
RESF, comme en témoigne la page de l'association sportive de Langeac.
Un rassemblement de membres d'associations et de syndicats, de parents d'élèves ainsi que d'élus est prévu mardi après-midi devant l'école. RESF appelle sur son site Internet à écrire des
lettres de protestation au préfet et à la gendarmerie.
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